4 clés pour une sexualité épanouie.

n°1 Aimes-toi.

Qui est la personne la plus importante de ta vie ? C’est toi. Ce n’est pas être égocentrique mais juste d’être en paix, à l’aise avec soi-même et les autres. Dans l’interview “Comment aimer sans s’aimer” Jacques Salomé (psychologue et écrivain) explique :

La vie sexuelle est fondée sur la rencontre de tous les langages de la communication humaine : langage des sentiments, des désirs, des émotions, de l’inconscient et des sens. Dans la rencontre sexuelle, le manque d’amour de soi va induire des rapports d’exigence, de violence, voire de perversité de type sadique. Celui qui ne s’aime pas peut à la fois tout accepter de l’autre et se vivre comme un simple objet de désir, et traiter l’autre comme l’objet de son propre plaisir. Je repense à cette femme qui s’est, selon ses mots, « révoltée après quinze ans de vie commune ». Elle percevait que son compagnon lui faisait l’amour, non dans le plaisir et l’abandon, mais avec la volonté de vérifier qu’elle lui appartenait, que son corps était sa propriété. Très souvent, le manque d’amour de soi va orienter la vie sexuelle sur des pratiques de possessivité, de consommation, de captation, et d’aliénation de l’autre.

Déjà la première chose à faire c’est de se faire du bien, prendre le temps pour soi, être dans le plaisir sensoriel mais pas que : prendre soin de ses corps (physique, émotionnel, mental, spirituel etc.). Donner c’est bien mais il est aussi important de s’accorder le droit de recevoir gratuitement, sans aucune pression.

Apprendre à s’aimer n’est pas facile, ça demande une déconstruction colossale. Toutes ses années à obéir à ces accords inconscients passés avec toi-même et influencés par ton éducation et ton environnement (“je suis…” , ‘je dois…”). Ces accords dictent tes pensés, actions et ressentis…Donc il vaut mieux que tu en prennes conscience et que tu les maîtrises. C’est ce qu’explique Miguel Ruiz dans “Les quatre accords Toltèques”, il en propose 4 fondés sur l’amour plutôt que la peur, pour s’approcher de la “liberté personnelle”. Vous pouvez lire le livre qui est très accessible, tant au niveau de l’écriture que du prix, mais aussi lire ce passionnant article de Energie-Santé –>ici

n°2 Connais-toi toi-même.

Le sexe est une délicieuse symphonie. Si les musiciens ne connaissent pas leurs instruments comment font-ils pour composer un beau morceau ? Pour ça pas de secret : la masturbation. Mais pas comme une pulsion  pour se décharger à la va-vite, non, comme un art. Pour les hommes par exemple, l’habitude de se toucher pour se vidanger rapidement à pour conséquence d’habituer son corps à  un schéma d’excitation rapide et d’éjaculation rapide : d’être précoce quoi.

La masturbation est un art du plaisir où le temps est suspendu, mais aussi un bel exercice. Installe-toi dans un petit nid et prends le temps de savourer, de ressentir, d’arrêter, de recommencer, de jouir, de re-jouir. Sens ton corps se réchauffer, ton clitoris, point g et lèvres se gonfler.

Aussi il est intéressant de se pencher sur la respiration et potentiel de tes muscles du périnée : augmenter le plaisir chez la femme et contrôler de l’éjaculation chez l’homme (et ainsi connaître l’orgasme multiple).

n°3 Vis l’instant présent.

Que tu reçoives ou donnes ne laisse pas ton mental vagabonder n’importe où : l’important est ce qui se passe ici et maintenant. Quand tu reçois, qu’est-ce que tu sens dans ton corps? Laisse entrer ton esprit DANS ton corps, prends le temps et savoure. Lorsque tu donnes mets ton esprit DANS ta main, sens la peau de l’autre réagir sous ta paume, apprécie le toucher du bout des doigts qui frôlent. L’important est de faire taire ton mental qui lui, fuit l’instant présent avec des futilités qui n’ont pas leur place dans un rapport sexuel (performance, jugement, passé ou anticipation du futur…). C’est ce que prône le slow sex : faire l’amour en pleine conscience. C’est une manière de faire l’amour qui s’appuie beaucoup sur l’esprit du Tantra et le Tao.

Un exercice intéressant à faire : Pendant 3/4 heures voire 1h masse ton partenaire ou fait toi masser par lui (tout le corps sans masturber !). La manière de faire importe peu; tu peux frôler du bout des doigts, coller ta paume, utiliser délicatement tes ongles. Laisse ton intuition, tes sensations te guider et utilise la force de l’intention : l’amour est une énergie que tu peux envoyer sur l’autre. Mais attention, pendant 1h il faut se tenir, ne pas se sauter dessus pour se dévorer.

n°4 Commu-nique.

Ton ou ta partenaire n’est pas livré-e avec une notice détaillée. Il faut donc explorer et découvrir l’autre et prendre le temps de se connaitre. Pour cela tu peux en parler, oser verbaliser ce que tu aimes ou n’aime pas, dire non, tes fantasmes, tes craintes. Bien sûr il y a les barrières de la gêne, la pudeur, la peur de vexer, les tabous, la crainte de casser le charme en allant au-delà des gestes qui semblent suffisants. Attention à la la forme, évite le “tu” culpabilisant et parle en “je”, n’oublie pas de valoriser ton ou ta partenaire.

Aussi, le sexe est un langage du corps, où il faut savoir laisser celui-ci s’exprimer avec le lâcher prise. Perdre le contrôle et se sentir possédé par le plaisir…Écouter ce langage permet de te guider vers le plaisir de l’autre. Et si tu es empathique c’est encore mieux, tu t’abreuves du plaisir de l’autre. La sensibilité est une vertu, et encore plus dans la sexualité.

4 mythes sur la sexualité féminine

Ce vendredi 11 décembre 2015  l’association toulousaine “le cri de la chatte” a organisé une super conférence à laquelle nous avons assistés. Ingrid Lebeau, sexologue et formatrice en éducation sexuelle, nous a expliqué avec, beaucoup d’humour, des schémas et surtout de la bienveillance, pourquoi “Un pénis – En mouvement – a rarement fait jouir une femme.” Par le biais de ce titre provocateur elle nous a entre autre démontré 4 mythes sur la sexualité féminine.

Mythe n°1: “Ils vécurent heureux, et eurent beaucoup d’enfants”

Dans le conte avant cette phrase finale les protagonistes endurent toutes sortes d’épreuves pour atteindre cet amour parfait : c’est la séduction digne héritière de l’amour courtois et du romantisme. Le temps de la rencontre est créateur d’énergie, de frénésie et de passion. Mais voila, cet élan amoureux dure 6 à 8 mois et est du aux hormones afin de valider et consolider le couple pour procréer. L’amour ça ne marche pas comme dans un conte, l’élan des débuts s’essouffle avec le quotidien, les enfants et la fatigue. La passion est un grand feu qui a besoin d’être sans cesse attisé pour durer..

Mythe n°2 : Le plaisir sexuel m’est donné par l’autre.

Alors déjà le plaisir sexuel c’est très personnel car ça se vit dans son propre corps. Mais surtout n’importe qui ne peut jouir sans accueillir mentalement cette jouissance, sans lâcher prise. Si, pendant l’acte, tu penses “qu’est ce que je vais faire a manger ce soir”, “J’espère qu’en levrette il ne voit pas mes bourrelets” et surtout “oh il faut absolument que je jouisse sinon il va se trouver nul”. Donc on arrête ce culte de la performance mais surtout cette pression ! La pression ça ne se subit pas, c’est uniquement dans une pinte que c’est bon. Le sexe c’est mieux que ça tout de même.

Mythe n°3 : Hommes et femmes ont la même sexualité

Voici une courbe de la réponse sexuelle mixant le modèle de Masters et Johnson, le modèle de Kaplan, et le modèle de David Reed.

Ce graphique symbolise bien les rapports “magnétoscopes” : Play, avance, recule, avance, recule, stop, eject et veille. Après l’éjaculation c’est fini, le désir retombe, occulté par la saturation d’endorphines; c’est chimique. La femme, souvent, se calque à ce schéma avec un seul petit orgasme. Alors que le premier n’est que l’ouverture d’une symphonie grandiose. L’idéal est, pour les deux partenaires, de suivre la même partition et de ne pas composer chacun de son coté, d’écouter l’autre.

Mythe n°4: Il y a des clitoridiennes et des vaginales.

 Non un clitoris est semblable à un iceberg : une petite partie émergée et une plus grosse immergée. C’est Freud qui à introduit cette idée fausse; les clitoridiennes étant des nymphomanes immatures, les vaginales elles, étant considérées comme de bonnes reproductrices car elles jouissaient avec le conduit matriciel. Le clitoris s’étend du vagin (point G) à l’aine en passant par l’anus et les lèvres. Il n’existe pas de dualité clito/vagin dans l’orgasme mais une unité anatomo-fonctionnelle, un continuum.  Une forme d’orgasme, différentes intensités mais plusieurs points de départ. Tu imagines un accouchement dans un vagin blindé de terminaisons nerveuses?